Dos chicos en Chile Chico (24/02/2011 - Coyhaique)

par Asuka  -  24 Février 2011, 12:30  -  #Carnet de route

    Arriver à Chile Chico un dimanche après-midi, au bout de quinze heures de route, sous un ciel vierge de nuage, est un vrai apaisement après les déferlantes de touristes en Patagonie du Sud.

 

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L'hospedaje, un type d'auberge familial (20/02)

 

    Nous suivons Katherina, une Chilienne professeur d'éducation physique rencontrée sur la route, dans une auberge familiale posée en bout de ville, à deux pas du petit port et du lac General Carrera (appelé lac Buenos Aires du côté argentin). La maisonnette, baptisée Rosita, du nom de sa douce patronne, est d'un joli rose. Son intérieur est simple et de bon goût. Comme souvent au Chili, un gros poêle trône en cuisine.

 

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    A Chile Chico, les enfants animent les aires de jeux de la grande place et jouent dans l'eau (froide !) du lac. Quelques commerces ponctuent la rue principale, donnant un certain dynamisme, en semaine, à cette ville de quatre mille habitants.

 

Un indien dans la ville (21/02)

 

    Nous poussons notre curiosité jusqu'en périphérie de la ville, où nous grimpons jusqu'au faîte de la colline de l'Indien. Malgré les talents d'orientation de Guénolé, le sentier n'est pas évident. Nous traversons un champ privé, un ruisseau, puis revenons sur notre chemin pour monter presque à la verticale une colline de cailloux et de sable parsemée d'arbustes épineux.

 

    Tant bien que mal, nous parvenons au sommet, d'où nous admirons sous le soleil une partie du deuxième lac d'Amérique du Sud en superficie (97 000 hectares, bien moins que le lac Titicaca). D'un bleu profond, ce lac est encadré de montagnes, tantôt douces, planes et arides, tantôt hautes et enneigées. Quelques îles rocheuses parsèment ce tendre paysage.

 

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    Chile Chico, en contrebas, paraît toute petite avec ses maisons multicolores, et ses habitants ressemblent à des fourmis. Au loin, deux hommes à cheval suivis de leurs chiens reviennent au trot vers la ville. Aux alentours, quelques champs sont délimités par de hautes rangées d'arbres. En revenant, nous passons par un quartier pauvre : chemins de terre et maisons en tôle toutes identiques.

 

    De nouveau auprès du lac, nous lisons les pieds au frais tandis que deux adolescentes se lancent des défis dans l'eau (toujours aussi froide !). Elles grelottent mais sont pleines de vie.

 

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Les hirondelles ne font pas le printemps (22 et 23/02)

 

    Malheureusement, le beau temps finit par nous quitter. Les averses sont là, et nous sommes condamnés à trois jours d'attente, car nous ne pouvons obtenir de places avant ce délai sur le bateau nous menant à notre prochaine destination. Guénolé choisit donc de rythmer ce temps par quelques désordres digestifs (ça, c'est un coup bas !!!) . Pendant ce temps-là, Graham Greene monopolise ma lecture. A loisir, je regarde la maîtresse de maison cuisiner. Elle fait son pain, écosse ses haricots et dépèce son saumon, mais vide aussi la bouteille d'huile en vingt-quatre heures...

 

    A la voir faire, on comprend mieux les « corps baroques » (pour reprendre une expression de l'écrivain chilien Luis Sepúlveda) de beaucoup de Chiliennes dans les campagnes (ceci dit, on a aperçu à la télévision quelques images du festival de Viña del Mar, événement phare de cette fin d'été dans le pays, et vu les prétendantes au concours de miss locale, les goûts des Chiliens semblent très bien se satisfaire de cette tendance au baroque !). Pour en revenir à Rosita, elle s'active tous les matins et toutes les soirées autour de ses casseroles, nous obligeant à décaler nos repas pour ne pas la gêner en cuisine. Et pourtant, les parfums se dégageant de ses fourneaux attisent notre faim !

 

    Le soleil revenant avec la santé de Guénolé, nous profitons encore un peu des bancs alignés le long de la côte aménagée (costanera), le regard rêveur portant vers le Nord.

 

De l'autre côté du lac (24/02)

 

    Le moment est venu d'embarquer à bord du bac « Pilchero », blindé de touristes chiliens de retour de vacances, direction Puerto Ingeniero Ibáñez. La traversée ensoleillée et venteuse de deux heures et demie nous permet de profiter des paysages, enfin secs. Aussitôt amarrés, que nous sommes déjà dans un minibus pour Coyhaique. La Ruta 7, la fameuse carretera austral, s'offre à nous.

 

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    La nature change du tout au tout. Nous zigzaguons à travers des vallées verdoyantes entre deux pans de montagnes abruptes et rocailleuses. Nous passons d'une lagune à l'autre comme par enchantement. Au fond, le Cerro Castillo pointe vers le ciel ses crêtes dentelées et embellies de neiges éternelles, promettant de difficiles randonnées pour un prochain voyage. Deux heures de grâce avant d'atteindre la « capitale » de la région d'Aysén, Coyhaique, quarante-cinq mille habitants.

 

Coyhaique, le 24/02/2011

Asuka

 

 

 

Info : La ville de Chile Chico a connu un destin un peu singulier. Après une période difficile en début de XXème siècle, l'arrivée en 1948 de nombreuses familles de colons belges lui donne un nouvel essor. Malheureusement, cette prospérité ne dure pas et tout s'effondre au tournant des années 1990 : la fermeture de mines et la concurrence des régions horticoles du centre du pays ont un impact économique important qui force certains habitants à partir ; mais c'est surtout l'éruption du volcan Hudson, un voisin, en 1991, qui entraîne un exode de la population (à cette occasion, toutes les maisons ont été recouvertes de cendre et la ville a connu deux jours d'obscurité totale, qui furent suivis de nombreuses affections respiratoires pour les locaux). Depuis, elle se repeuple doucement, car elle n'est pas si désagréable avec son joli lac et ses cerisiers généreux...

Guéno

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Morgane 08/03/2011 22:13



Salut à vous deux grands voyageurs!


Merci pour ce rêve partagé depuis nos canapés!